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Que dire à quelqu’un qui part à la retraite

3 min de lecturepar Alex

Une personne seule filme un message avec son téléphone posé devant elle, dans un atelier, par temps gris

« Bonne retraite, profite bien » est ce que tout le monde écrit, et c’est ce qui fait qu’aucun de ces mots n’est relu.

Pourquoi la formule habituelle tombe à plat

« Bonne retraite, profite bien » suppose que la retraite est une récompense évidente et que la personne l’attend avec impatience.

C’est vrai pour une partie des gens. Pour les autres, ce départ est un arrachement : ils perdent d’un coup leurs habitudes, leur utilité et la moitié de leurs relations sociales. Leur souhaiter d’en profiter passe alors complètement à côté.

Dans les deux cas, la formule ne dit rien de la personne. Elle pourrait être écrite pour n’importe qui.

Ce qui marche : parler du travail, pas de l’après

La règle tient en une phrase : parlez de ce qui s’est passé, pas de ce qui va se passer.

Trois manières d’y arriver :

  • Un fait précis. « Tu as monté le dossier Berger tout seul en trois semaines, et personne ne l’a jamais refait aussi vite. »
  • Ce que vous avez appris. « Je n’ai jamais su dire non à un client avant de te regarder faire. »
  • Une habitude. « Ton café à sept heures et quart, avant tout le monde. On va le remarquer. »

Les trois ont un point commun : personne d’autre ne pourrait les écrire. C’est ce qui fait qu’on les relit.

Un exemple complet

Michel, j’ai commencé ici en 2011 et tu étais mon tuteur. Tu m’as dit la première semaine : « on ne rend pas un travail dont on n’est pas fier », et je le répète encore aux nouveaux.
Je me souviens de l’hiver où la ligne était arrêtée et où tu es resté trois nuits. Personne ne te l’avait demandé.
Merci pour ça. Passe nous voir, sérieusement, pas juste pour la forme.

La dernière phrase compte. Les invitations vagues ne sont jamais suivies d’effet, et beaucoup de retraités s’en aperçoivent au bout de trois mois.

Ce qui rate le plus souvent

Les allusions à l’âge. Elles sont censées être drôles et blessent presque toujours, surtout venant de collègues plus jeunes.

Les promesses qu’on ne tiendra pas. « On se voit bientôt » sans date n’engage personne, et l’absence se remarque.

Les messages écrits à la dernière minute sur une carte qui circule. Trois mots debout, entre deux réunions, ne valent pas ce que la personne mérite.

Questions fréquentes

Et si je n’ai travaillé avec cette personne que six mois ?

Dites-le, et racontez ce qui vous a marqué en six mois. Un regard récent a sa valeur, et personne n’attend de vous un bilan de carrière.

Faut-il parler des moments difficiles ?

Avec prudence, et seulement si vous en avez la légitimité. Un conflit passé mentionné maladroitement gâche le moment pour tout le monde.

Écrit ou oral ?

Écrit, et lu à voix haute si vous voulez. L’écrit reste, et c’est justement ce qui manque à la plupart des départs.