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Parrain et marraine : quel rôle leur donner

4 min de lecturepar Alex

Un parrain offre un carnet violet à sa filleule de 7 ans, qui l'ouvre en riant devant sa marraine et ses parents

Parrain et marraine : leur rôle se choisit et se dit au moment de la demande. Un mot par an, une personne à qui parler, ou le passeur d’histoire de la famille.

Parrain et marraine : quel est leur rôle ?

Celui qu’on leur donne. Dans beaucoup de familles, parrain et marraine sont un titre dont personne ne précise le contenu : les gens acceptent, sincèrement touchés, puis se demandent ce qu’ils doivent faire concrètement. Un cadeau à chaque anniversaire est la réponse la plus simple, et elle fait plaisir ; les parents ont souvent autre chose en tête, en plus.

Le rôle gagne à être dit, au moment de la demande, avec des mots simples. Trois rôles possibles, et le mieux est d’en choisir un.

Quels sont les trois rôles possibles ?

Le témoin dans la durée. Il écrit à l’enfant une fois par an, à date fixe, et tout est remis en bloc plus tard. C’est le rôle le plus simple à tenir, et celui qui laisse le plus : dix-huit lettres, une par année.

La personne à qui parler. Celle vers qui l’enfant peut se tourner à l’adolescence quand il ne veut pas parler à ses parents. Cela se prépare : un lien qui n’existe pas à 12 ans apparaît difficilement à 15, donc il faut se voir, assez souvent pour que ce soit naturel.

Le passeur d’histoire. Il raconte à l’enfant ce que ses parents ne raconteront pas : qui ils étaient avant, comment ils se sont rencontrés, ce qu’ils faisaient à 20 ans. Un ami de longue date tient ce rôle mieux que personne.

Choisissez-en un et dites-le. Les trois à la fois pèsent lourd ; un seul, bien tenu, fait un parrain dont l’enfant se souvient.

Comment le dire au moment de demander ?

Avec la demande elle-même, pour que la personne sache à quoi elle dit oui. Voici le message, à adapter au rôle choisi :

On aimerait que tu sois la marraine de Zoé. Et je préfère te dire tout de suite ce qu’on a en tête, pour que tu saches à quoi tu dis oui.
Ce qui compte pour nous, ce n’est pas les cadeaux. C’est qu’elle ait quelqu’un en dehors de nous, à qui elle puisse parler quand elle aura 15 ans et qu’on l’agacera.
Concrètement : qu’elle te voie assez pour que ce soit naturel. Et si tu veux, un mot par an, qu’on lui donnera plus tard.

Le « pour que tu saches à quoi tu dis oui » enlève la gêne des deux côtés : la marraine sait ce qu’on attend, et les parents savent qu’elle a accepté en connaissance de cause.

Comment le rôle commence-t-il ?

Au baptême ou à la cérémonie, par un premier mot. Pour la marraine de Zoé, il a pris la forme d’une lettre, lue au déjeuner, qui promettait « une maison où tu pourras toujours venir dormir, et un appel quand tes parents te casseront les pieds ». Zoé avait quatre mois et a dormi pendant la lecture. La lettre a rejoint celles des grands-parents, et la marraine en a écrit une chaque année depuis, le jour de l’anniversaire, en trois lignes ou en trois pages selon l’année. Faire participer la famille éloignée au baptême explique comment rassembler ces premiers mots, et préparer une communion pour l’enfant donne au parrain son second rendez-vous.

Le rôle se rappelle ensuite, sans reproche, une fois tous les deux ou trois ans : « tu te souviens, le mot par an ? ». La plupart des parrains apprécient le rappel, parce qu’ils y pensaient sans oser demander si ça comptait encore.

Comment choisir le parrain et la marraine ?

Pour le rôle, pas pour la diplomatie familiale. Un parrain désigné pour ne vexer personne tiendra le rôle qu’on lui laissera, c’est-à-dire souvent le cadeau d’anniversaire ; un ami proche choisi pour être « la personne à qui parler » le tiendra, précisément parce qu’il est extérieur aux tensions de la famille. Un membre de la famille fait un excellent passeur d’histoire.

Et distinguez le rôle de la tutelle : parrain et marraine n’ont pas d’existence légale. Organiser la garde de l’enfant en cas de problème se fait autrement, par écrit, avec un notaire.

Questions fréquentes

Faut-il que le parrain ou la marraine soit de la famille ?

Non. Un ami proche tient souvent mieux le rôle de la personne à qui parler, parce qu’il est en dehors des histoires de famille. Un oncle ou une tante tient très bien celui du passeur d’histoire.

Que faire si la relation se distend avec les années ?

Cela arrive, et ce n’est pas un échec. Ce qui a été écrit reste, même si les visites s’espacent, et un rappel sans reproche relance souvent les choses.

Peut-on désigner un parrain et une marraine sans cérémonie religieuse ?

Oui, et beaucoup de familles le font : un parrainage civil en mairie, ou une désignation en famille, produit le même lien. Ce qui compte est le rôle, pas le cadre.

Un parrain et une marraine peuvent-ils avoir deux rôles différents ?

Oui, et c’est souvent une bonne répartition : l’un écrit chaque année, l’autre est la personne à qui parler. Dites-le à chacun, pour qu’ils ne croient pas devoir faire la même chose.

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