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Le discours d’anniversaire : comment l’écrire

4 min de lecturepar Alex

Paul lit son discours d'anniversaire une feuille à la main, face à des invités qui rient et applaudissent autour du gâteau

Un discours d’anniversaire s’écrit en trois minutes de lecture, autour d’une seule histoire, et se termine par une phrase qu’on n’avait pas encore dite.

Combien de temps doit durer un discours d’anniversaire ?

Trois minutes, soit à peu près une page. C’est court quand on écrit, et c’est confortable quand on parle debout devant quarante personnes qui attendent le dessert. Un discours d’anniversaire court et bien écrit se cite longtemps ; un discours long demande plus d’attention à la salle.

Écrivez, puis coupez un tiers. Ce qui reste est en général la bonne longueur, et ce qu’on a coupé manque rarement.

Quelle structure suivre ?

Cinq temps, dans cet ordre :

  1. Qui vous êtes, en une phrase, pour ceux qui ne vous connaissent pas.
  2. Une seule histoire, racontée avec un lieu, un moment et des détails.
  3. Ce que cette histoire dit de la personne.
  4. Une chose que vous ne lui avez pas encore dite.
  5. Vous vous arrêtez.

Le quatrième point fait la différence entre un discours agréable et un discours dont on reparle. C’est aussi le plus difficile, parce qu’il demande de prendre un petit risque devant tout le monde ; c’est ce risque que la personne fêtée retient.

À quoi ressemble un bon discours d’anniversaire ?

Voici celui que Marc a lu pour les 45 ans de Sophie, et qu’on peut prendre comme modèle en changeant l’histoire :

Je suis Marc, je connais Sophie depuis la fac, ça fait vingt-deux ans.
En 2009, j’ai perdu mon travail un vendredi. Le samedi matin, Sophie était devant chez moi avec deux cafés. Elle n’a pas demandé si j’allais bien, elle a dit : « on va marcher ». On a marché quatre heures. Elle n’a presque rien dit.
C’est ça, Sophie. Elle ne donne pas de conseils, elle vient.
Je ne te l’ai pas encore dit, mais ce samedi-là, tu m’as évité un mois difficile. Bon anniversaire.

Quatre-vingt-dix secondes. Sophie a ri à « deux cafés », parce qu’elle s’en souvenait, et s’est essuyé les yeux à la fin. La salle a applaudi plus longtemps que pour le gâteau.

Comment écrire quand on manque d’idées ?

En demandant leurs souvenirs aux autres invités, deux semaines avant, et en en citant un ou deux dans le discours. « Julie m’a rappelé le jour où tu as conduit jusqu’à Lille pour un chat » donne une deuxième voix au texte, et il ne repose plus sur votre seule mémoire. Les souvenirs qui restent se montrent après le discours, surtout ceux de loin ; par où commencer une surprise d’anniversaire explique comment les demander.

Évitez le résumé chronologique, qui donne une liste et pas une émotion, et les plaisanteries en série : deux rires dans un texte sincère portent mieux que huit blagues. Les allusions à l’âge, en particulier, amusent celui qui les fait plus que celui qui les reçoit, et une surprise sans clichés pour les 50 ans explique pourquoi.

Que dire à un parent ou à un grand-parent ?

La même chose, avec une histoire d’enfance. Un discours d’anniversaire pour une mère ou un grand-père gagne à raconter une scène vue par l’enfant qu’on était : le dimanche où il a réparé le vélo, la phrase qu’elle disait avant l’école. Les petits-enfants peuvent y ajouter leur voix, et les 60 ans, le rôle des petits-enfants montre comment les faire participer sans les forcer. La phrase qu’on n’a pas encore dite, à un parent, est souvent un merci précis.

Comment se préparer à le dire ?

Écrivez, puis répétez à voix haute, debout, trois fois, chronomètre en main. Vous découvrirez que vous parlez plus vite que prévu et que certaines phrases ne se disent pas ; coupez-les. Le jour J, lisez sur des feuilles numérotées, en gros caractères, un verre d’eau à portée de main : lire n’est pas une faiblesse, et un trou de mémoire se remarque plus qu’une feuille.

Placez le discours entre le plat et le dessert, quand tout le monde est assis et pas encore fatigué. Avant, les gens ont faim ; après, la soirée est lancée. Si plusieurs personnes parlent, mettez-vous d’accord sur l’ordre et la durée : trois discours de trois minutes passent bien, cinq de cinq minutes non.

Questions fréquentes

Faut-il apprendre un discours d’anniversaire par cœur ?

Non. Lisez sur des feuilles numérotées, en levant les yeux à la fin de chaque paragraphe. Personne ne reproche à quelqu’un de lire ; tout le monde remarque un trou de mémoire.

Et si je ne suis pas à l’aise à l’oral ?

Écrivez le texte et demandez à quelqu’un d’autre de le lire, en disant qu’il est de vous. Le texte compte plus que la performance, et la personne fêtée saura qui l’a écrit.

Peut-on faire un discours d’anniversaire à plusieurs ?

Oui, et c’est souvent une bonne idée pour les enfants d’un parent ou pour un groupe d’amis : chacun raconte une histoire, en une minute, et la dernière personne dit la phrase qu’on n’avait pas encore dite. Trois minutes au total.

Quand écrire le discours ?

Deux semaines avant : une pour trouver l’histoire et demander leurs souvenirs aux autres, une pour écrire, couper et répéter. Un discours écrit la veille se sent, et il est souvent trop long.